Reportage "J'ai donné de la biafine, des compresses…" : à Marseille, la solidarité s'organise pour venir en aide aux sinistrés des incendies en Algérie

Selon les chiffres officiels communiqués jusqu'ici, au moins 12 personnes sont mortes en lien avec ces violents feux de forêt près de Béjaïa, Jijel et Tizi-Ouzou, mais des sources locales craignent que le nombre de victimes ne soit beaucoup plus élevé..

Article rédigé par franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1min
Collecte de produits de première nécessité à Marseille pour les victimes des incendies meurtriers en Algérie (TikTok)
Collecte de produits de première nécessité à Marseille pour les victimes des incendies meurtriers en Algérie (TikTok)

En Algérie, des incendies d'une rare violence ont frappé le nord est du pays à la fin du mois d'août.(Nouvelle fenêtre) Le feu s'est propagé sur le littoral et dans les montagnes près des villes de Jilel et de Béjaia notamment. Les autorités algériennes n'ont pas communiqué sur le nombre de victimes depuis le 26 août dernier. Leur dernier bilan provisoire fait état de 12 morts et 54 blessés, mais des décomptes indépendants indiquent que les flammes auraient tué plus de 200 personnes. Face à l'ampleur de la catastrophe, des particuliers et des associations se mobilisent à Marseille pour récolter des dons et les envoyer aux sinistrés algériens.

Sur son téléphone, Momo fait défiler les vidéos des incendies qui lui parviennent grâce aux réseaux sociaux. Sa famille habite El Milia. Leur maison a été encerclée par le feu. "Heureusement que mon voisin a sorti ma femme", souffle-t-il. Selon lui, ils ont échappé à la mort dit Momo. Mais un ami de la famille, lui, a perdu sa femme et ses quatre enfants brûlés, explique-t-il. Depuis Marseille, il lance des appels aux dons sur TikTok. Une fois reçu, il les empile dans son garage où il lave habituellement des voitures.

"Tout a été brûlé, il n'y a plus rien"

Dans le garage de Momo, on retrouve des couches et des médicaments. Fathia, vient de déposer un sac. "J'ai donné de la Biafine, des compresses, du Doliprane. C'est une horreur… C'est dramatique. On se sent impuissant parce qu'on est loin. On est obligé de se mobiliser pour les aider un maximum", se confie-t-elle.

Quatre fourgons remplit de dons sont déjà partis du garage de Momo en direction l'Algérie. Raja, qui préside une association, salue l'élan citoyen avec son amie Farida, venue de Paris lui donner un coup de main pour organiser le transport des dons. "Je suis très contente qu'il y ait de la solidarité. Il y a des gens qui sont venus avec leurs camions et ont fait les transports. D'autres sont venus payer de l'essence ou un billet pour les autres. Il y a des morts partout dans tous ces villages. Tout a été brûlé, il n'y a plus rien."

Une voiture et une remorque chargée de dons partiront samedi du garage de Momo pour embarquer sur un ferry, direction l'Algérie.

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